Remédier à la politique d’admissibilité des donneurs de sang HSH

À partir du 20 juin 2016, Santé Canada a officiellement approuvé la demande de la Société canadienne du sang de réduire la restriction d’abstinence de cinq ans imposée aux hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes à une année d’abstinence avant de pouvoir donner du sang. Cette modification est entrée en vigueur en août 2016 pour la Société canadienne du sang et Héma-Québec. Malgré la réduction de la période d’exclusion, elle reste très restrictive pour les hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes (HSM) et continue d’entretenir une culture de discrimination et de stigmatisation.

Le Centre canadien pour la diversité des genres et de la sexualité a milité pour mettre fin à toute interdiction, mais prône aussi fortement les pratiques fondées sur des preuves. Originalement, la mise en œuvre d’une politique d’interdiction des HSH dans les années 1980 n’était pas basée sur des preuves d’études. Cependant, Santé Canada doit maintenant apporter tous les changements à ses données en s’appuyant sur des études scientifiques. La réduction de la période d’exclusion par Santé Canada est également accompagné également d’un engagement à investir 3 millions de dollars pour financer la recherche comportementale et la technologie d’analyse des agents pathogènes. À l’heure actuelle, il existe peu de recherches sur la façon dont le comportement sexuel crée un risque pour l’approvisionnement en sang, ni de recherche démontrant que les HSH devraient être exclus en tant que donneurs.

Depuis 2012, le Centre canadien pour la diversité des genres et de la sexualité fait partie d’une équipe de travail sur la Politique d’exclusion des HSH et continue de collaborer étroitement avec la Société canadienne du sang, Héma-Québec et notre comité consultatif afin de faire un travail de conscientisation au sujet des politiques discriminatoires en place, et des politiques basées sur la recherche pour lesquelles nous oeuvrons.

 

Pétition sponsorisée par le député Kennedy Stewart (Burnaby South) pour éliminer les pratiques discriminatoires consistant à recueillir des dons de sang d’hommes gais, bisexuels et queer

Déclaration du ministre de la Santé sur la période d’exclusion d’un an pour les donneurs de sang HSH

Déclaration de la Société canadienne du sang sur la réduction de l’exclusion

Déclaration du Centre canadien pour la diversité des genres et de la sexualité

Ressources d’admissibilité des donneurs de la Société canadienne du sang pour les HSH

La Société canadienne du sang impose des restrictions aux donneurs transgenres

 

Foire aux questions

Quels sont les critères d’admissibilité pour les donneurs ayant eu des rapports sexuels avec des hommes au Canada?

À compter du 15 août 2016, les hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes doivent s’abstenir de tout contact sexuel avec un autre homme pendant une période d’un an avant de pouvoir faire un don de sang à la Société canadienne du sang ou à Héma-Québec s’ils satisfont à tous les autres critères d’admissibilité.

Une femme peut-elle donner du sang si elle a eu un partenaire HSH au cours de l’année précédente?

Non, si une femme a eu un contact sexuel au cours de la dernière année avec un homme ayant eu des relations sexuelles avec un autre homme, elle n’est pas admissible pour faire un don de sang.

Quels sont les critères d’admissibilité des donneurs pour les personnes transgenres et non conformes au genre?

À partir du 15 août 2016, la Société canadienne du sang passe sous contrôle les personnes transgenres et non conformes au genre selon le sexe qui leur a été assigné à la naissance et si elles ont subi ou non une chirurgie génitale. Ceux qui n’ont pas subi de chirurgie génitale sexospécifique seront examinés selon leur sexe assigné à la naissance. Ceux qui ont subi une chirurgie génitale sexospécifique devront attendre un an après la chirurgie avant d’être admissibles au don; après un an, ils seront examinés selon leur sexe affirmé.

Comment la recherche basée sur le comportement aidera-t-elle à éliminer la période d’exclusion des HSH?

La période d’exclusion du don de sang, n’étant pas fondée sur des recherches, opère par la présomption selon laquelle un groupe (HSH) est plus susceptible de souiller l’approvisionnement en sang, notamment avec le VIH. Tout le sang donné à la Société canadienne du sang et à Héma-Québec fait l’objet d’un test de détection d’agents pathogènes pouvant être détectés 9 à 11 jours après l’infection. Les hommes souhaitant faire un don de sang sont tenus de s’abstenir de tout contact sexuel avec un autre homme pendant une année entière, ce qui est tout à fait arbitraire, et qui n’est pas requis de la part des autres donneur·se·s.

 

Grâce à la recherche comportementale, il sera possible de recueillir des données sur les donneurs à faible risque par rapport à ceux à haut risque en fonction de leur comportement sexuel, quelle que soit leur orientation sexuelle ou leur identité de genre. Grâce à ces données, Santé Canada pourra prendre des décisions fondées sur des données empiriques évaluant avec précision le risque à travers le comportement, mettant ainsi fin à la discrimination et à la restriction de certains groupes.

Où puis-je en apprendre davantage sur la période d’exclusion et les critères d’admissibilité?

Vous pouvez en apprendre davantage au sujet de l’interdiction du don de sang pour les HSH, de l’avènement de la période d’exclusion et des critères d’admissibilité actuels des donneurs sur le site Web de la Société canadienne du sang et d’Héma-Québec.

Comment puis-je contribuer à mettre fin à l’interdiction du don de sang pour les HSH?

Il y a tellement de façons de vous impliquer:

  • Appelez votre député·e et faites-lui savoir à quel point la prise de décisions fondée sur des preuves est importante pour la politique, et qu’il ou elle devrait appuyer le Comité permanent de la santé de la Chambre des communes dans ce travail.
  • Encourager les personnes admissibles aux dons à remplir le sondage après leur don afin d’exprimer l’importance de ces questions pour la Société canadienne du sang et Héma-Québec.
  • Faire un don au Centre canadien pour la diversité de genre et la diversité sexuelle afin que nous puissions continuer notre travail pour mettre fin à l’interdiction.